"La sincérité est la condition essentielle de l’art, disait Tolstoï,

c’est ma vérité également, que ce soit dans les rapports humains ou dans l’art. On ne touche que dans la vérité".

 

Avant d’être artiste, vous travailliez dans la publicité. Qu’est-ce qui vous a poussée à ce changement ?
Je préfère parler d’évolution plutôt que de changement. Beaucoup d’artiste viennent du milieu de la publicité ou de l’illustration presse, Andy Warhol pour ne citer que le plus célèbre. 
Vous créez pour les autres, vos clients ; et puis un jour vous
avez envie de créer pour vous seul de donner corps à une œuvre libre avant d’oser partager et d’ouvrir cette création à un public plus large. Le tout est d’oser. Je peins depuis longtemps, depuis toujours bien avant que de travailler dans la communication. Tant d’univers se bousculaient dans ma tête et demandaient à naitre qu’il était temps de les laisser vivre.

Expliquez-nous comment se crée une œuvre de Monika Nowak ? Quelles sont les différentes étapes ?
Tout commence par la photo. Je travaille avec un ami photographe de mode équipé de son propre studio à domicile. Une maquilleuse professionnelle nous accompagne parfois. J’évoque avec lui mes idées (ce qui donne lieu à des discussions entre rire et délires) puis nous prenons date pour un shooting. J’assiste à la séance, je l’oriente dans ma façon de voir les choses mais ce n’est qu’un début car l’idée de départ se transforme en cours de séance et vole des ses propres ailes, la création n’est pas une formule mathématique figée.  Les photos issues de ces séances sont réinterprétées à ma manière, j’opère alors des métamorphoses en découpant la bouche de l’une avec les yeux de l’autre. En exagérant certains aspects de la féminité, tout en conservant un certain réaliste d’ensemble, je recrée une sorte de chimère idéale et imaginaire. 

Vous êtes une artiste numérique, qu’aimez-vous dans ce nouveau moyen d’expression ?
Je ne suis pas du genre à glorifier ou minimiser la technologie, si Michel-Ange avait pu utiliser une imprimante 3D il l’aurait sûrement fait.  C’est aussi simple que ça, c’est le matériel d’un artiste, rien de plus. Il est vraie que la technologie offre des possibilités nouvelles, des glacis, des transparences que seules les peintures alkydes peuvent offrir. Cependant créer c’est mettre l’émotion avant la réflexion, avant l’outil. Il n’y aura jamais d’ordinateur artiste, l’art c’est aussi entrer dans l’esprit d’un créateur : qui a envie d’entrer dans l’esprit d’un ordinateur ? 


Vos œuvres mettent en avant principalement des figures féminines, quel est le message que vous souhaitez faire passer ?
A l’heure où la femme est stigmatisée pour le désir qu’elle suscite, où le droit des femmes régresse partout dans le monde, je ne peux rester inerte. 
Je crois qu’il faut croiser ce combat-là et celui tout aussi dangereux contre un consumérisme qui transforme les femmes en objets de consommation. 
Mes héroïnes sont à la fois une critique de la société et une affirmation de ma volonté d’évoquer la liberté dans un monde chaotique, saturé et obsessionnel. Mon héroïne est une femme puissante, maîtrisant sa séduction. Contemporaine volontiers provocatrice et rebelle, en même temps que déesse ou lolita fantasmée, elle représente la femme libre hors des contraintes sociales.
Elle a souvent la peau bleue comme une divinité sortie des eaux , sa couleur permet de jeter un pont entre toutes les populations et les cultures du globe. Elle porte sur la peau des onomatopées et s’habille de couleurs en fonction de l’humeur du jour. 
Nous les artistes sommes des guerriers pacifiques, notre talent et la force de notre expression sont nos armes de conviction massive. Nous ne pouvons porter un combat pacifique que si nous plaçons très haut l’idée de l’être humain, de sa dignité et de sa liberté. 
Aujourd’hui, les héroines ne portent plus d’armures, elles vont au combat avec leurs idées. Elles publient des livres qui bousculent, font des tableaux qui interpellent. Elles prétendent se placer parmi les hommes et non pas au-dessus. Elles sont admirées et parfois héroïsées quand les récits racontent les combats scientifiques de Marie Curie, ou les engagements sociaux de Simone Veil. Elles tentent une aventure sociale en fonction de leurs propres choix. 
Mes chimères, ces filles qui surjouent ce qu’on leur reproche d’être, offrent leur féminité exacerbée et nous font prendre conscience que la liberté n’est pas une image mais une volonté.

Comment imaginez-vous votre art dans 10 ans ? Quelles évolutions, quels changements… ?
Je n’aime pas me projeter trop loin dans le temps. Je ne crois pas aux visions futures. Mais laissez-moi 10 ans pour y réfléchir et de temps en temps  je vous dirais si j’avais vu juste…

 

 Monika Nowak est née à Clermont-Ferrand dans une famille d’artistes d’origine polonaise. Elle vit et travaille à Paris.

 

Sa mère, actrice dans une troupe de théâtre à Cracovie est la première inspiratrice de son panthéon féminin très vite rejointe par des héroïnes du cinéma d’Hitchock, du rock, de la mode ou de la littérature fantastique.

 

Diplômée des Beaux-Arts et de l’école Supérieur des Arts et des Industries Graphiques (Estienne) à Paris, elle travaille en tant que Directeur Artistique pour des agences de communication globale. Le besoin de créer pour elle même est trop fort, elle s’affranchit de la publicité pour donner corps à ses premières passions.

 

Les créations de Monika Nowak sont une exploration de son intuition : énergique, volontaire, indépendante. Elle exprime à travers ses héroïnes sexy-pop une certaine vision à la fois forte et fragile de la femme d’aujourd’hui.

Ses héroïnes «fragiles» sont paradoxales, contradictoires, excessives et oniriques, douces et sauvages, poétiques et provocatrices..

 

Les femmes sexy-pop qui se révèlent dans les oeuvres de Monika Nowak

sont inspirées de la girl culture qui fait de la femme un objet marketing sexy. 

Chimères provocatrices et rebelles habillées d’onomatopées et de couleurs offrant un terrain narratif fantasmé. 

Ces filles qui surjouent ce qu’on leur reproche d’être, offrent leur féminité exacerbée à notre regard et nous font prendre conscience que la liberté n’est pas une image mais une volonté. 

Les chimères de Monika Nowak sont à la fois une critique de la société et une affirmation de la farouche volonté de l’artiste d’imprimer sa 
personnalité dans un monde chaotique, saturé et obsessionnel.

 

 

Monika Nowak was born at Clermont-Ferrand (in the center of France) from a family of Polish artists. She lives and works in Paris. 

Her mother, an actress in a theatre group in Krakow, was the prime model for her gallery of female models, as well as female heroes from Hitchcock movies, rock music, fashion or science fiction literature.  

 

After graduating from the prestigious Universities of Beaux-Arts and the Ecole Supérieur des Arts et des Industries Graphiques (University of Graphic Arts) in Paris, she worked as a Creative Director for several global media groups.

 

Monika Nowak’s work explores her intuition: energetic, independent and proactive. Through her sexy-pop heroines, she expresses a certain vision of today’s woman, strong but fragile. During her artistic career she developed a vision of epic universes where the marvelous coexists with the barbarous, the poetic provokes the aesthetic, and the melancholic alternates with the euphoric.  

 

Her fragile heroines are paradoxical, contradictory, excessive, but also dreamy, soft, wild, poetic and provocative.

 

Monika Nowak’s sexy-pop women are built upon an image of the Slavic spirit as described by the aestheticist Dominique Fernandez :  “A soul that allows light to pass, whether from Heaven or God, that is what one agrees ‘Slavic’ is.“

  

 

Monika Nowak 

Email :  monikanowakart@gmail.com

 

© 2014 by Monika Nowak

​tous droits réservés, reproduction interdite

All rights reserved

  • Grey Facebook Icon
  • Grey Instagram Icon

Où trouver mes oeuvres ?

Suivez-moi sur :